jeudi 24 mai 2012

J. R. .R Tolkien, Bilbo le Hobbit

J. R. R. Tolkien, Bilbo le Hobbit, 1937.
(titre original : The Hobbit)

Qui ne connait pas au moins de nom le phénomène littéraire qu'est le Seigneur des Anneaux ? Adapté au cinéma au début des années 2000 par Peter Jackson, ce monument en trois volumes n'est pourtant pas la première pierre de l'édifice façonné durant la plus grande partie de sa vie par J. R. R. Tolkien. A l'origine de son complexe et profond univers fantastique, dans lequel évoluent hobbits, magiciens, elfes, nains et hommes dans un cadre néo-médiéval, s'inscrit le "modeste" roman Bilbo le Hobbit. Simple et concis, il tranche avec son fameux alter-égo par sa "petite taille" (non, ceci n'est pas une allusion déplacée à l'égard des Hobbits). Ce qui fut à l'origine un conte que Tolkien rédigea pour ses propres enfants dans les années 1920-30, s'avéra l'amorce d'une longue série de romans plus intrigants les uns que les autres. Je n'aurais aucunement la prétention de retracer la carrière de Tolkien, ni d'en dresser une bibliographie détaillant son inspiration, et tous les infimes détails gravitant autour de son oeuvre monumentale, tâche à laquelle bien des spécialistes se sont déjà attelés, et je n'en ai pas la carrure, aussi grande mon admiration pour l'oeuvre ayant donné vie à la Terre du Milieu soit-elle !

L'histoire : Quelque part dans le Nord-Ouest de la Terre du Milieu, une communauté de petites personnes se distinguant de nous les hommes par leur tempérament casanier s'est établie dans une localité du nom de la Comté. Biblo Baggins (dont le nom original est ensuite traduit par Biblon Sacquet dans le Seigneur des Anneaux) y aime à prendre des repas fréquents et copieux au sein de son "terrier", sa demeure creusée dans les collines de la région, comme tout bon Hobbit qui se respecte, et à l'occasion, fumer la pipe à l'ombre d'un arbre devant le pas de sa petite porte ronde. Bilbo aurait probablement mené une longue vie paisible et monotone comme il est de rigueur chez les Hobbits, mais c'était sans compter la visite inatendue (pour lui !) d'un magicien à la longue barbe grisâtre nommé Gandalf, invitant à son insue treize nains, dont leur chef, Thorïn Oakenshield, héritier du trône sous la Montagne Solitaire, bien loin dans les terres de l'Est. 
Là s'est établi le dragon Smaug, qui a dévasté le royaume souterrain du père de Thorïn, et s'est accaparé l'incommensurable butin accumulé durant de très nombreuses années par les nains, qui faisait jadis la renommée de toute la région. C'est ainsi que, plus ou moins sans avoir son mot à dire, le pauvre Bilbo Baggins se voit engagé par les nains, sur les recommandations de Gandalf, comme "cambrioleur" dont la tâche revient à reprendre possession du trésor enfoui et gardé par le monstre. 
Ainsi, la petite troupe entreprend une longue progression, à travers bois, montagnes truffées de gobelins sanguinaires - étape cruciale dans la suite de l'oeuvre de Tolkien, où Bilbo croisera le chemin de Gollum et entrera en possession du fameux anneau magique - forêts enchantées peuplées de géants, d'elfes, et de plaines aquatiques où sont installés les hommes. 

Comme je l'ai mentionné précédemment, Tolkien sème ici les bases de son oeuvre pharaonique, détaillant déjà avec grande minutie les habitudes de chacune des races mentionnées ci-dessus. Le style d'écriture de l'auteur est également très particulier, dans la mesure où ce dernier s'adresse ouvertement à son lecteur, à la manière d'un conteur de rue. Tolkien pousse la caractéristique jusqu'à suggérer qu'il a lui-même personnellement cotoyé ses personnages et qu'ils existeraient réellement au sein d'une Terre du Milieu... Pour preuve, un extrait que je trouve assez parlant :

"La mère de notre hobbit... Mais qu'est ce que les hobbits ? Je pense que, de nos jours, une description est nécessaire, vue la raréfaction de leur espèce et leur crainte des Grands, comme ils nous appellent. [...] Il n'y a guère de magie chez eux que celle, toute ordinaire et courante, qui leur permet de disparaître sans bruit et rapidement quand de grands idiots comme vous et moi s'approchent lourdement, en faisant un bruit d'éléphant qu'ils peuvent entendre d'un kilomètre."

On pourra également constater que, non seulement Tolkien part du principe que ses personnages sont réels et qu'ils interagissent avec nous (ou tout du moins l'eurent-ils fait avec lui à un moment donné...), mais il n'hésite pas à engager la conversation avec son lecteur et à l'impliquer directement dans son récit. C'est dans cette mesure que le style de Tolkien s'affirme. Style qu'il gardera dès lors, et que l'on retrouvera extrêmement bien présent dans l'introduction au Seigneur des Anneaux. Cette séquence conséquente de la saga s'apparente à une recherche sur les rites et coutumes des Hobbits ainsi que leurs origines, à la manière d'un essai d'ethnologie (dont un passage marquant sur l'invention de la pipe et l'importance sociologique de fumer le tabac à l'aide de cet ustensile dans la communauté de ces petites gens). 

Mon avis : Une agréable lecture pour les amateurs d'heroic fantasy, un genre tout particulier de la science-fiction, introduisant dans une atmosphère médiévale une panoplie de créatures diverses et variées parmi lesquelles évolue la race des Hommes. A mon humble avis, ce sous genre doit toutes ses lettres de noblesse à J. R. R. Tolkien, qui a su en développer les aspects les plus complexes pour rendre son univers quasi-crédible à son lecteur. Aujourd'hui, ses dignes héritiers reprennent le flambeau avec un poids conséquent sur leurs épaules : ne pas décevoir les amateurs du maître ! On pensera ainsi à George R. R. Martin et sa saga intitulée le Trône de Fer (A Game of Thrones), dont la critique du premier volume ne saurait se faire attendre sur ce blog ! 

Ma note pour ce livre (entre 1 et 5 étoiles) :


Presque dix ans après l'adaptation cinématographique de la légendaire trilogie le Seigneur des Anneaux, véritable prouesse technique et technologique de la part de Peter Jackson, à laquelle bien d'autres s'étaient heurté avant lui, le réalisateur remet ça et nous propose enfin un film retraçant sur grand écran les aventures de Biblo Baggins, l'oncle du désormais célèbre Frodon Sacquet (Frodo Baggins, dans la version originale). Sortie prévue en décembre 2012.


Certaines critiques ont d'ores et déjà pointé du doigt le fait que certaines parties du film, notamment la présence de l'elfe Galadriel aux côtés de Gandalf, ne figuraient pas dans le livre Bilbo le Hobbit. Néanmoins, la justification de Peter Jackson à cette liberté est totalement logique à mes yeux. En effet, le personnage de Gandalf le magicien n'accompagne les nains et Bilbo que durant la première partie de leur voyage, pour ensuite les retrouver au terme de leur aventure à la Montagne Solitaire. Il est précisé dans le livre que Gandalf doit régler d'autres affaires dont il n'est pas question ici... (l'auteur entretenant volontairement le mystère). La réponse à cette question est à chercher dans l'ouvrage Contes et Légendes inachevés : troisième partie, le Troisième Age... Alors pour les plus curieux d'entre vous, à vos livres, car lorsque l'on s'atèle à l'oeuvre de Tolkien, on est bien loin d'en avoir fini !
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vendredi 6 avril 2012

Kathryn Stockett, La Couleur des sentiments

Kathryn Stockett, La Couleur des sentiments, éd. Jacqueline Chambon, 2010.
(titre original : The Help)

Tant à dire sur ce roman fabuleux, mais tellement peur de ne pas lui rendre justice, c'est dire combien j'ai savouré chacune des 525 pages de l'édition française ! Ne vous laissez pas rebuter par l'épaisseur ahurissante de cet ouvrage, qui pourrait faire pâlir J. K. Rowling et son dernier volume de Harry Potter en terme d'envergure (si si, j'ai vérifié, La Couleur des sentiment est bien plus épais), car ceci est un pur bijou. Tout comme ce dernier, je tiens le pari que dès les premières pages, vous ne pourrez tout simplement plus trouver la force mentale de le refermer (même si vos pauvres bras vous supplient en silence de leur accorder quelque répit). Autant prévoir dès à présent une posture confortable pour entamer La Couleur des sentiments, car vous risquez bien de prendre racine !

Ayant déjà une petite affection pour tout ce qui touche au sud des Etats-Unis et à l'Histoire de ce pays vers le milieu du XXe siècle, ce roman de littérature contemporaine ne pouvait que me passionner. Et ce n'est pas peu dire...

Il ne fait pas bon être noir au Mississippi durant les années 1960. Cet Etat du sud des Etats-Unis d'Amérique fait parti des plus conservateurs mais également des plus enclins à la ségrégation raciale. Les faits divers relatifs à des actes de malveillance (des "simples" passages à tabac aux meurtres racistes inspirés des méfaits du KKK) à l'encontre de la population noire font écho dans tout le pays. Kennedy est au pouvoir pour quelques années, Rosa Parks a enfin permis aux Noirs de prendre le même bus que les Blancs en toute liberté, tandis que Martin Luther King marche sur Washington et que la voix de cette partie de la population commence tout juste à se faire entendre. C'est dans ce contexte socio-politique mouvementé que l'auteure, elle-même issue de Jackson, Mississippi, ville où se déroule l'histoire, installe ses personnages et tisse entre eux des relations plus que complexes : celles des bonnes (the help, titre original de l'ouvrage) noires et de leurs patronnes blanches. Alors que les préjugés racistes sont encore profondément ancrés dans les esprits de la population locale mais que l'Amérique s'éveille peu à peu, une jeune aspirante journaliste blanche de la bonne société locale se pose des questions sur la mystérieuse disparition de Constantine, la bonne qui l'avait élevée depuis sa naissance au sein de son foyer... mais personne ne semble vouloir lui avouer la véritable raison de son départ. Toutes ses interrogations, combinées aux sempiternelles réflexions déplacées de ses amies vis-à-vis de leurs employées, la poussent à l'écriture, la vraie : celle d'un recueil de chroniques. Les chroniques des bonnes et de leurs expériences, heureuses ou tragiques, drôles ou tristes, tout au long de leurs carrières et des multiples familles pour lesquelles elles ont travaillé, nettoyé le linge, fait la cuisine, élevé les enfants comme s'ils étaient les leurs... ces petits enfants blancs qui passent du stade de l'innocence à l'attitude ségrégationniste de leurs parents une fois atteint l'âge adulte.

Au-delà du thème passionnant du roman, car il demeure une fiction même s'il est fort inspiré de la vie personnelle de l'auteure (qui nous réserve d'ailleurs un dernier chapitre autobiographique en fin d'ouvrage, post-remerciements d'usage), toute l'originalité du livre réside dans le système de narration qui est adopté. Comment traiter d'un sujet concernant les rapports entre Blancs et Noirs, si ce n'est par la multiplicité des points de vue ? Ainsi donc, c'est à la première personne que se conjugue la quasi-totalité de l'action (à l'exception d'un unique chapitre au narrateur omniscient, réunissant tous les personnages au cours d'un évènement commun). Mais là encore, quel personnage choisir pour narrer cette histoire ? Kathryn Stockett dévoile une fois de plus une part de son génie, en adaptant la narration de son propre ouvrage à celui dont il est question dans l'histoire : au fil des chapitres nous dévoilant la naissance d'un recueil de témoignages, ce sont tour à tour deux bonnes noires et l'auteure du recueil en question, la jeune journaliste blanche, dont on suit l'évolution tout au long du déroulement de l'action. 

Cette démultiplication des narrateurs qui se succèdent et s'intercalent tout au long de l'histoire amène une vivacité supplémentaire à l'ouvrage que n'aurait pas permis un narrateur omniscient mais inconnu, tout en permettant de varier les points de vue sur un sujet au combien complexe à appréhender selon le rang social et la couleur de la peau du personnage à cette époque. Petite cerise sur le gâteau de cette exceptionnelle pièce montée, on glisse au gré des mots et des pensées des personnages, comme si nous lisions leur journal intime, mieux, que nous pouvions remonter le temps et les accompagner successivement, à chaque instant de leur vie si passionnante, si mouvementée, si tragique et si émouvante à la fois.

Ma note pour ce livre (entre 1 et 5 étoiles) :



Cet ouvrage connu un tel succès immédiat qu'il fut aussitôt adapté au grand écran dans un film du même nom, qui je l'espère, lui fera justice, car ce livre est un monument !

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dimanche 4 mars 2012

Françoise Barbe-Gall, Paul Cézanne, la sensation juste

Françoise Barbe-Gall, Paul Cézanne, la sensation juste, éd. Le Livre qui parle, 2011.

(Livre audio).

Professeur à l'Ecole du Louvre, Françoise Barbe-Gall nous propose  au fil des pistes de ce livre audio, de suivre le parcours du célèbre peintre Paul Cézanne. 

Comment faire découvrir la vie et l'oeuvre d'un artiste au travers d'un support aussi atypique qu'est le livre audio ? Cela semble relever du défit insurmontable au premier abord. J'étais pour ma part septique. Comment parler d'art sans support visuel ? La description de l'oeuvre, aussi méthodique et précise soit-elle, ne suffit souvent pas. Ce livre audio est fort heureusement accompagné d'une petite plaquette de 4 pages où sont reproduites les principales oeuvres peintes par Cézanne et auxquelles la narratrice fait allusion dans son discours. 
On déplore néanmoins la très petite taille de ces illustrations, ne permettant pas à "l'auditeur" de déceler les moindres détails de chaque tableau, et qui - souvent frustré par un manque de description plus minutieuse - doit alors se reporter sur l'outil internet afin de chercher par lui-même l'image en question à une taille plus adaptée à son observation. 
Parler du parcours artistique de Cézanne implique également des recoupements avec les mouvements artistiques contemporains du peintre. Cependant, il est dommage que les oeuvres en question (certes n'étant pas des tableaux du peintre mais ayant fortement influencé son travail) ne soient pas également reproduites. 
Il est notamment question de La Nouvelle Olympia de Cézanne, peinte suite à la controverse crée par le célèbre tableau de Manet, L'Olympia. Là où l'amateur et le professionnel n'auront aucun mal à comprendre la référence, le néophyte est une fois de plus perdu. Un réflexe peut-être un tant soit peu élitiste ? Je n'ose le penser. Il semble que le choix éditorial se soit porté sur la reproduction des oeuvres de Cézanne uniquement, certainement afin de réduire la taille de la plaquette à son strict minimum, une simple double page au format DVD. Dommage.

Cette parenthèse de critique refermée, je suis toutefois agréablement surprise par un livre audio qui capte mon attention, une narration agréable et aisément compréhensible, quel que soit le niveau de connaissance en histoire de l'art du public. Ayant personnellement fréquenté l'Ecole du Louvre durant plusieurs années avant d'y obtenir deux diplômes, je peux affirmer en toute honnêteté que ce parcours audio d'une durée d'une heure ne fut pas sans me rappeler mes nombreux cours d'histoire de l'art du XIXe siècle, et c'est un gage de qualité !

En bref : Ce produit se présente sous un format tout à fait inédit quant aux livres d'art, le livre audio constituant un véritable "challenge" pour ce type d'ouvrage, qu'il semble relever haut la main, si l'on met de côté les quelques petits détails négatifs incontournables, découlant du type de support choisi. 
Outre Cézanne, l'éditeur "Le Livre qui parle" propose une gamme variée de livres audio consacrés à l'art. Si celui-ci désire approfondir cette branche et offrir un produit de réelle qualité, sans fausse note aucune, peut-être devrait-il revoir la plaquette qui mérite d'être enrichie et améliorée, mais une augmentation du prix se fera probablement sentir ! 

Ma note pour ce livre (entre 1 et 5 étoiles) :


Ce livre audio me fut généreusement offert par Le Livre qui parle, par l'intermédiaire de Babelio, que je remercie sincèrement pour m'avoir donné l'opportunité de tester un produit vis-à-vis duquel je n'aurais probablement pas donné de chance au préalable.
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dimanche 19 février 2012

Deborah Harkness, Le Livre perdu des sortilèges

Deborah Harkness, Le Livre perdu des sortilèges, éd. Calmann-Lévy, 2011.
(titre original : A Discovery of Witches)

Détrompez-vous, ceci n'est pas une commune histoire d'amour entre vampire et sorcière.

Au commencement étaient la peur et le désir. Ce sont par ces mots que le lecteur est invité à plonger dans cette aventure sans fond, tant la complexité de l'intrigue est poussée à son paroxysme tout au long des 43 chapitres que composent ce roman, premier d'une saga qui s'annonce d'ores et déjà très prometteuse. Le Livre perdu des sortilèges ayant été édité dans 34 pays différents, une adaptation cinématographique est également déjà programmée.

Outre sa nature de sorcière qu'elle met tant d'énergie à refouler, Diana Bishop est une historienne dont le principal sujet de recherche est l'iconographique alchimique. Elevée par sa tante aux Etats-Unis, après le meurtre effroyable de ses parents en Afrique lorsqu'elle avait 7 ans, elle réside désormais au sein de l'Université d'Oxford. Ses travaux l'amènent à fréquenter très régulièrement la célèbre bibliothèque bodléienne. Elle mène jusque là une existence paisible et commune jusqu'au jour où, désireuse de vérifier une information concernant un ouvrage figurant au sein de sa bibliographie, elle demande à consulter un très ancien manuscrit, conservé sous la cote "Ashmole 782", du nom de son dernier propriétaire, le très célèbre Lord Ashmole. A première vue, ce n'est qu'un très vieil ouvrage, ayant subit les assauts du temps. Mais celui-ci semble "récalcitrant" à être feuilleté. La couverture semble hermétique, et lorsque Diana parvient à l'ouvrir, de mystérieuses inscriptions apparaissent furtivement ente les lignes du livre. 

Sans le savoir, cette consultation en apparence anodine d'un simple manuscrit marque un tournant dans la vie de Diana Bishop. Celle qui a toujours souhaité repousser toute magie aux confins de son existence depuis la mort de ses parents est aujourd'hui confrontée à une lutte sans merci entre différentes espèces magiques. Car ce manuscrit est intéressant en bien des points, autres que ses illustrations. Il semble contenir des explications sur l'origine des espèces surnaturelles. Ainsi, sorcières, vampires et démons le convoitent également, mais le manuscrit est ensorcelé et Diana semble être la seule à pouvoir le consulter. Elle devient donc une cible pour toutes ces créatures. Lors de sa première consultation, elle fait la rencontre d'un mystérieux vampire, qui semble ne plus vouloir la quitter. Doit-elle s'en méfier, et faire abstraction de son incroyable attirance pour lui ? Les vampires ne sont-ils pas experts en séduction, et ceci ne ressemble-t-il pas à un piège pour mieux parvenir au manuscrit à travers elle ? 


Ce premier roman de Deborah Harkness, professeur d'Histoire dans une université américaine dans sa vraie vie, nous plonge dans un véritable dédale de rebondissements. Et lorsque vous pensez avoir enfin cerné l'angle selon lequel l'auteur nous entraîne, c'est un revirement à 180° qui se produit ! Vous visiterez tour à tour l'Angleterre, les châteaux français et les anciennes bâtisses américaines. Bon voyage !

Ma note pour ce livre (entre 1 et 5 étoiles) :



Je vous invite également à visiter le site officiel du Livre perdu des sortilèges et à y télécharger gratuitement un extrait de l'ouvrage.
N'hésitez également pas à envoyer un message à l'auteur via son compte Twitter, elle vous répondra !

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jeudi 29 décembre 2011

Suzanne Collins, Hunger Games : vol. 3, la Révolte

Suzanne Collins, Hunger Games (vol. 3) : la Révolte, éd. Pocket Jeunesse, 2011.
(titre original : Mocking Jay)


Si vous n'avez pas encore lu les premier et deuxième volumes des Hunger Games, je vous invite à vous reporter aux précédents articles sur ces ouvrages en cliquant sur les liens appropriés (attention, l'article qui suit vous révélera des éléments non négligeables de l'intrigue, que vous ne souhaitez peut-être pas connaître pour le moment).
Pour les lecteurs ayant achevé le second volume, aucune inquiétude à avoir, je ne gâcherai pas votre découverte du troisième livre : tous les faits cités ci-dessous ont déjà été porté à votre connaissance.

Le troisième et dernier volet de la saga the Hunger Games dévoile l'ultime bataille en vue de défaire la toute puissante autorité du Capitole et mettre un terme à sa perversion, incarnée par l'emblématique et malsain président Snow.

Les dernières pages du second volume des Hunger Games, l'Embrasement, avaient laissé le lecteur en suspend, Katniss Everdeeen brisant le champs de force de l'arène dans laquelle les tributs étaient retenus prisonniers d'un énième jeu machiavélique. La jeune combattante, en enfreignant une fois de plus les règles fixées par le Capitole, ne fit que renforcer l'emblême de la rébellion qu'elle incarnait depuis ses premiers jeux, grâce à la broche portant le motif du Geai Moqueur, dont elle ne se sépare jamais. 
Une partie des tributs sont miraculeusement exfiltrés à bord d'Hovercrafts volés par le District 13, que tout le monde croyait détruit, mais qui survit en réalité depuis toute ses années sous terre, dans un bunker d'une ampleur indescriptible. 

Alors que les rebelles s'organisent au sein du District 13, sous l'autorité de la présidente Coin, Katniss Everdeen a bien du mal à se remettre de la récente destruction de son district d'origine, le Douze, où la majorité des habitants ont été exterminés, en représailles suite à son ultime affront lors des jeux. Seules quelques centaines d'entre eux sont parvenus à se réfugier dans les bois, grâce à l'aide de Gale, de sa mère et de sa soeur Prim. Le District 13 les a par la suite recueillis et intégrés au sein de sa population.

Katniss doit également accepter le fait que Peeta ne fut pas secouru par le District 13 lors de leur évasion de l'arène. Celui-ci, ainsi que d'autres tributs, fut fait prisonnier et manipulé par le Capitole pour incarner une voix dissonante de celle de Katniss, qui doit désormais revêtir les habits du Geai Moqueur lors de spots de propagande diffusés sur les ondes du Capitole et dans tous les Districts de Panem. La population est à présent appelée à prendre les armes et à mener l'ultime combat afin de défaire Snow de sa toute puissance et rétablir l'équité au sein des Districts. 

Cet ouvrage tant attendu m'a toutefois paru bien différent des deux précédents. L'action m'a semblé trop distillée, l’enchaînement des évènements se faisant souvent désirer, remplacés par de longues introspections du personnage principal, des descriptions interminables de ses sensations et sentiments face à la situation à laquelle elle doit faire face. Des éléments certes nécessaires aux vues des épisodes que l'héroïne a traversé, mais ralentissant considérablement le déroulement de l'histoire. 
Le "grand final" de la saga m'a également déçu. Sans dévoiler tous les secrets du livre ni ruiner votre lecture, je dirais en quelques mots ceci : 
Le grand dilemme instauré par l'auteur, plaçant Katniss dans une situation délicate en ayant à choisir son grand amour entre Gale, le compagnon de chasse, et Peeta, le boulanger et coéquipier dans l'arène, fut tant exploité au fil des trois volumes que l'issue proposée par Suzanne Collins me paraît bien simpliste. Peut-être est-ce mon côté fleur bleue, peut-être aurais-je préféré une explication plus fournie du choix ultime de Katniss que celle qui nous est finalement dévoilé.

En bref : On reste sur sa faim, avec un sentiment de travail baclé. Dommage pour une trilogie qui s'annonçait dès les premiers chapitres sous les meilleurs augures... 
Mme Collins, si vous lisez ces lignes (qui sait, l'espoir fait vivre), serait-il possible de créer une fin alternative pour cette série ? Non, vraiment ?.... Tant pis... On aura néanmoins essayé !

Ma note pour ce livre (entre 1 et 5 étoiles) :


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mercredi 7 décembre 2011

Philippa Gregory, Deux soeurs pour un roi

Philippa Gregory, Deux soeurs pour un roi, éd. l'Archipel, 2008.
(titre original : The Other Boleyn Girl)

Tant à dire sur cet ouvrage, d'une profondeur insoupçonnée. Basée sur la véritable histoire d'Henri VIII, roi d'Angleterre du XVIe siècle, l'auteur reconstitue avec brio les premières décennies de son règne axant le roman sur  l'incapacité du souverain à engendrer un héritier mâle légitime avec son épouse, la vieillissante Catherine d'Aragon. Parallèlement, deux grandes familles s'affrontent pour obtenir les faveurs du souverain et s'élever au sein de la Cour, les Seymour et les Boleyn. Quel meilleur moyen d'obtenir l'attention du roi que de lui offrir ce qu'il désire le plus, une fraîche et fertile jeune fille, afin que celui-ci conçoive un héritier mâle et répudie éventuellement Catherine pour la remplacer par la nouvelle demoiselle ? Les Boleyn mènent alors avidement les deux jeunes soeurs sur l’échiquier royal. 
Tout oppose ces demoiselles, hormis leur beauté : la plus jeune, Marie, est douce et pleine d'espoir, cherchant le grand amour, mais mariée très jeune, elle est arrachée à son foyer pour devenir la première favorite d'Henri VIII et concevoir un potentiel héritier. Mais lorsque l'intérêt de ce dernier s'émousse à son endroit, c'est sa soeur aînée, Anne, qui entre en scène. Plus déterminée que personne à prendre le souverain dans ses filets et à le garder, ses sautes d'humeurs et accès de colère sont tantôt tolérés par le roi tant que celle-ci promet de lui offrir un fils, mais pour combien de temps ?...

Cette fiction historique, qui semble tout de même assez bien documentée, dépeint les aspects les plus sombres du tempérament humain lorsque celui-ci aspire au profit plus qu'à toute autre chose. Il est émouvant de découvrir comment une famille joue de ses enfants tels de simples pions, les utilisant à souhait pour en tirer le plus de profit, sans jamais se soucier du bien-être de ceux-ci. La famille Boleyn n'a pour unique motivation que de s'élever dans la société et d'accumuler toujours plus de titres et de richesses, jusqu'à atteindre le trône par le biais de l'une de ses filles, qu'importe les sacrifices que ses enfants auront à subir, les souffrances qu'ils devront tolérer. 
L'auteur insiste notamment sur la condition de la femme qui, au XVIe siècle, ne pouvait prendre aucune décision sans en référer à un père ou à un mari. La femme n'est rien, aussi riche que sa famille puisse être. Une fille bien née ne dispose pas de plus de libre arbitre qu'une épouse de paysan. Le statut social n'a donc de réelle importance que pour les hommes, dans cette société. 

En bref, une très belle fresque historique sur cette période plus que mouvementée de l'histoire de l'Angleterre, où Henri VIII s'affranchit du pouvoir du Vatican pour régner sur l'Eglise d'Angleterre. A lire absolument !

Ma note pour cet ouvrage (entre 1 et 5 étoiles) :


Ce roman connu un tel succès en librairies qu'il fut adapté au cinéma sous le même titre :


Une grande partie de cette histoire est également dépeinte dans l'excellente série télévisée Les Tudors, à voir également (bien que le sort de Marie Boleyn soit écarté pour se concentrer sur l’ascension de Anne auprès du roi).



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dimanche 27 novembre 2011

Candace Bushnell, Summer and the City

Candace Bushnell, Summer and the City (Le Journal de Carrie, vol. 2), éd. Albin Michel, 2011.
(titre original : The Carrie Diaries 2, Summer and the City)

Le second opus des aventures de Carrie Bradshaw "avant" Carrie Bradshaw, l'adolescente précédant la trentenaire, nous entraine avec son héroïne dans ses débuts plus que tâtonnants à New York. 
Carrie, fraîchement diplômée du lycée, décide de suivre des cours d'écriture dans une prestigieuse école new-yorkaise, le temps d'un été. Elle débarque donc en ville, où elle fait la connaissance d'une publicitaire haute en couleurs, la cousine plus âgée que l'une de ses camarades de lycée lui a recommandé... et qui n'est autre que Samantha Jones ! Cette dernière introduit Carrie dans les soirée les plus branchées de New York, et lui fait découvrir les membres les plus influents de la sphère intellectuelle. Carrie y noue des contacts et s'imagine d'ores et déjà faire carrière dans cette ville regorgeant de possibilités.  Toutes ces expériences ne s'avèrent pas si roses pour la jeune et fraiche jeune femme, qui tombe sous le charme d'un écrivain à succès séparé de son épouse et de plusieurs dizaines d'années son aîné. Elle y perd son innocence mais y acquière sa plume acérée lorsqu'il est sujet des relations hommes-femmes, devenant sa marque de fabrique quelques années plus tard. 
Où comment la petite Carrie Bradshaw devint le grand écrivain à succès que nous connaissons toutes.

Ce second volume du Journal de Carrie, nous permettant de découvrir la jeunesse de l'héroïne trentenaire la plus populaire auprès des femmes modernes, est nettement plus passionnant que le premier, lui-même sans commune mesure avec le tout premier roman Sex and the City de Candace Bushnell, ayant inspiré la série du même nom. Cela représente donc un tour de force pour l'auteur et nous pouvons considérer que celle-ci s'améliore nettement au fil de ses ouvrages.
Tout comme le premier volume du Journal de Carrie narrant les expériences d'une Carrie lycéenne, parfois évoquées brièvement au cours de certains épisodes de la série tv, le principal intérêt de Summer and the City réside dans la découverte par Carrie de la ville où son talent brillera, ainsi que des futures amies qu'elle ne quittera plus, Samantha Jones, Miranda Hobbes,...et Charlotte York ! N'avions-nous pas secrètement rêvé de découvrir comment l'inséparable quatuor n'était rencontré pour ne plus jamais se quitter ?

Ma note pour cet ouvrage  (entre 1 et 5 étoiles) :


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